Générique, un danger pour nous et nos enfants ?

generique - docetaxel
Fév 16 2017

Générique, un danger pour nous et nos enfants ?

Le générique est entré dans nos armoires à pharmacie il y a une trentaine d’années, et fait aujourd’hui partie de notre quotidien. D’ailleurs, depuis la fin des années 90, les pouvoirs publics encouragent activement sa consommation. C’est le cas en France. Le but : soigner le trou de la Sécu. Mais enfants et parents sont-ils bien soignés ? Qu’est-ce qu’un générique ? Peut-on lui faire confiance ? Le cas docetaxel est-il un cas isolé ?

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Générique : De quoi parle-t-on ?

Le générique est une copie de médicament dont le brevet est tombé dans le domaine public.
Il est vendu en moyenne 30% moins cher que le princeps qui est le médicament initialement commercialisé sous une marque. Il permet à l’Assurance maladie d’économiser environ 1,3 milliard d’euros par an.

Générique : Qui le fabrique ?

Autrefois, les laboratoires produisaient eux-mêmes les médicaments qu’ils avaient brevetés. Mais depuis l’avènement du générique, d’autres usines doivent s’en charger et la sous-traitance s’est développée. En France, il y a entre 10 et 20 façonniers.
Selon la Sécurité sociale, 95 % des génériques vendus en France sont fabriqués en Europe, dont 54 % en France.

Générique : Est-ce systématique ?

Afin d’inciter son utilisation, les autorités suppriment le tiers payant en cas de refus du générique.
Il représente que 27% du marché des médicaments remboursables avec pourtant le taux de substitution possible au princeps de 76 %. Chez certains de nos voisins européens, c’est le double. Cette faible prise de part de marché est due au désamour des Français, mais ce sont parfois les médecins qui refusent la prescription du générique, convaincus qu’il pourrait nuire à la santé de leurs patients. Ils inscrivent alors la mention « non substituable » sur l’ordonnance.

Générique : Le docetaxel au cœur d’une nouvelle polémique

Après le rapport de l’Académie de médecine, qui invite à la prudence, le médicament générique se retrouve à nouveau au centre de la polémique. Le docetaxel, utilisé par les centres de lutte contre le cancer est mise en cause dans le décès de trois femmes soignées pour un cancer du sein.
Une enquête de pharmacovigilance a été ouverte en septembre 2016 sur les médicaments contenant du docétaxel. Cette enquête « est en cours de finalisation » et sera présentée le 28 mars 2017 à Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). A l’heure actuelle l’ANSM ne recommande pas l’arrêt des médicaments contenant cette molécule.

Générique : Qui croire ?

Il semblerait que la dimension psychologique n’est pas le seul ressort des réserves émises par les patients. Les Français émettent d’ailleurs de plus en plus de doutes sur l’efficacité du médicament générique. Ils pointent du doigt le manque supposé de sécurité dans la fabrication du générique, assimilé à un médicament « low cost » dont les principes actifs viennent d’Inde ou de Chine.

Selon plusieurs sondages IFOP, réalisés pour le groupe de pharmaciens PHR, 72% des français jugent aujourd’hui leur efficacité similaire à celle des princeps alors qu’ils étaient 77% en 2011.

La sécurité du générique est aussi pointée du doigt, 61 % des Français estimant ces médicaments « aussi sûrs » que les médicaments princeps contre 71 % en 2011.
Aujourd’hui, seulement 57 % des Français acceptent la substitution d’un médicament d’origine contre 62 % en 2011.

Selon Pr. Jean-François Bergmann, Chef de service de médecine interne à l’Hôpital Lariboisière et ancien vice-président de la commission des autorisations de mise sur le marché de l’ANSM « il ne faut pas se méfier du générique plus qu’il ne faut se méfier du médicament. Il y a des petites différences, mais elles sont parfois en faveur du générique, parfois en faveur du princeps. Mais le produit de base est le même ». « Le rôle du médecin est d’éduquer son patient à la prise du générique sans pour autant le forcer à en prendre ».

Yves Daudigny, rapporteur général des affaires sociales et auteur d’un rapport sur les génériques, estime que le système de production du médicament générique n’est pas infaillible et souligne que seulement 10 % des sites de production ont été contrôlés par des agents de l’ANSM. De plus, toutes les réglementations mettent la responsabilité des productions sur les fabricants, pas sur l’inspection.

Générique : Une bataille économique

L’histoire du générique, c’est aussi celle d’une guerre économique où s’affrontent des pharmaciens intéressés financièrement à la vente, des laboratoires prêts à tout pour protéger les marges de leurs médicaments vedettes et des grands noms de la médecine qui sèment le doute auprès de leurs confrères.

Source : allodocteurs

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